Les blogues de Mon Credo

Mon Credo est une plateforme accueillante et inclusive qui te permet d’explorer une foule de sujets en matière de foi et de spiritualité chrétiennes. Ici, on explore, on découvre, on discute, on échange et on fait des rencontres surprenantes… dans la bienveillance et l’ouverture d’esprit.

Dans nos blogues, nous abordons des enjeux contemporains depuis le point de vue de la foi et de la spiritualité. Quand les expériences de la vie suscitent la discussion et éveillent la réflexion, Mon Credo offre une perspective unique sur les choses. Découvre comment notre foi peut guider notre compréhension du monde qui nous entoure.

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Episodes

Les tradwives

4 days ago

4 days ago

Les tradwives, un phénomène surprenant. Un blogue de Martine Lacroix.
 
Que cache le sourire des tradwives? Ce phénomène originalement marginal occupe beaucoup de place dans les médias. Comment comprendre ce mouvement déconcertant pour les féministes?
 
Deux écueils surgissent lorsqu’on écrit sur les épouses traditionnelles. D’une part, peut-on omettre les descriptions de l’esthétisme tradwife, lesquelles servent habituellement d’entrées en matière? Oui!
En prenant connaissance du sous-titre de cette chronique, vous saviez déjà qu’il ne serait nullement question de femmes au visage sans fard, mascara et rouge à lèvres, la tignasse en bataille, habillées en mou, ceintes par une marmaille guédille au nez et dont les joues ruissellent de Kraft Dinner.
Attention! L’autrice de ces lignes ne juge aucunement ce type de comportement. Elle porte le mou parfois troué à l’intérieur de son domicile, se régale sporadiquement de malbouffe et trouve irrésistibles les frimousses barbouillées de texture d’origine alimentaire. Il s’agit plutôt de faire un clin d’œil de connivence au lectorat. Pas besoin de vous faire un dessin, vous savez c’est quoi une tradwive!
Secundo, membresse en règle de la Fédération des femmes du Québec (FFQ) et toujours prête à courir les talons aux fesses afin de me joindre à une manif pour défendre nos droits, vous comprenez qu’il n’est pas facile pour une féministe d’écrire sur ce phénomène en conservant un respect intact à 100%.
Le supposé échec du féminisme
 
Beaucoup de gens voient en ce mouvement un échec du féminisme. En effet, selon les épouses traditionnelles, trois vices non cachés seraient incrustés dans les fondations du féminisme.
Première tare, ce courant de pensée représenterait à leurs yeux un synonyme d’égocentrisme. Selon les tradwives, la contraception et l’avortement empêcheraient de remplir leur fonction principale … la reproduction! Une épouse traditionnelle digne de ce nom doit donc se résoudre à faire abstraction de son humble personne afin de se consacrer à 110% à sa smala.
Deuxième anomalie, le féminisme impliquerait une forme de dénigrement du mâle, euh, alpha. Il faut comprendre que le centre de l’univers des femmes trad repose entièrement sur leur conjoint. Voilà pourquoi il leur faut miser sur le bon étalon lors du choix de celui à qui elles diront « Oui, je le veux ». Critère qui prime sur tous les autres? Un homme qui entretient un « rapport sain à la masculinité »!
Froncement de sourcils, depuis quelques années, les termes « sain » et « masculinité » à l’intérieur d’une même phrase ne font-ils pas figure de deux combattants en arts martiaux mixtes qui s’affrontent dans une cage?
Tertio, le modèle « femme d’affaires » souvent associé au féminisme rebuterait quantité d’épouses traditionnelles. Idéalement, le mâle devrait être l’unique banquier de la famille.
En Occident, à l’aube de 2026, comment un couple avec marmaille peut-il survivre avec un seul salaire? Dans un article du magazine Urbania paru cet automne, on mettait de l’avant quelques risques économiques découlant de ce mode de vie « qui valorise la dépendance et rejette l’égalité ».
En cas de divorce avec le coq ou encore de veuvage précoce, maman poule trad et sa couvée ne se retrouvent-ils pas en état de vulnérabilité? « Ça fait plusieurs années que vous n’êtes plus sur le marché du travail, votre CV est un peu vide et vos compétences ne sont pas monnayables, etc. » Quant à votre tirelire, ne jeûne-t-elle pas depuis vos épousailles en robe de dentelle blanche?
L’exploitation des réseaux sociaux
Lorsqu’on effectue une recherche sur ce mouvement couramment qualifié de « radical » , mis à part l’esthétisme, un autre terme revient ad nauseam … réseaux sociaux! Or plusieurs fées du logis seraient hyperactives sur YouTube, TikTok et Instagram.
Elles y multiplieraient les tutoriels au même rythme que les plateaux de sucre à la crème … sans allergènes! Surtout, les plus populaires d’entre elles rendraient leur cochonnet … boulimiques!
Malgré leur agenda chargé en tâches domestiques qu’elles ne partagent manifestement pas avec leur pourvoyeur, plusieurs d’entre elles parviennent à trouver du temps pour « la création de contenu, l’obtention de parrainages et la gestion de leur présence en ligne, etc. »
Résultat? Cela équivaudrait aux revenus d’un travail à temps partiel, voire même à temps plein. Pour en savoir plus, on clique sur 4 choses à savoir sur les « tradwives » paru sur le site ToutPourSaGloire.Com en avril dernier. La gloire de qui? Dieu!
Religion comme prétexte à la soumission des tradwives
Troisième élément du triumvirat trad … la religion! Eh oui, les tradwives légitimisent leur mode de vie par la Bible. Elles évoluent au cœur d’un monde binaire dans lequel le rôle de l’homme et celui de la femme sont définis par Dieu point tout court.
Si de plus en plus de progressistes ajoutent un « e » au mot « Dieu », on imagine que cela constitue une hérésie pour les épouses traditionnelles. L’être suprême ne peut avoir qu’un sexe … masculin!
Bien que certaines se définissent comme agnostiques, la majorité des épouses traditionnelles s’identifient au catholicisme, évangélisme, mormonisme et trumpiste. Même si l’Église Unie s’avère par principe féministe, on ne se pètera pas les bretelles en clamant que notre religion est meilleure que les autres.
Le roc de Gibraltar des dames trad? Le livre des Éphésiens, cinquième chapitre, versets 22 et 23. Un trou de mémoire étant si vite arrivé, voici l’extrait : « Femmes, soyez soumises à vos maris, comme au seigneur. Car le mari est le chef de la femme, comme Christ est le chef de l’Église … »  
D’ailleurs, se garder une p’tite gêne ne semble aucunement traverser l’esprit de la trad quand vient le moment de vanter sa soumission à sa tendre moitié, laquelle est évidemment du sexe opposé. « En étant respectueuse et soumise, tu gagnes de l’influence sur ton mari, tu n’en perds pas », dixit la youtubeuse Bindi Marc. Hum, un peu tordu comme raisonnement, non?
Dans un autre reportage de Urbania, celui-là paru en avril 2023, on suggérait que les tradwives avaient peut-être une mémoire, disons, sélective. Elles oublieraient de mentionner cet autre passage biblique qui dicte aux maris ceci :
« Aimez vos femmes, comme Christ a aimé l’Église, et s’est donné lui-même pour elle. »
Comment ne pas être d’accord avec la journaliste qui écrit « qu’en omettant de citer cette contrepartie masculine, la femme semble seule à souffrir du fardeau de l’amour inconditionnel et la dynamique de ces relations paraît injustement unilatérale. »
Soyons honnêtes, beaucoup de gens qui se réclament adeptes du Christ perçoivent les textes bibliques comme un menu à la carte. Qui va lancer la première pierre aux tradwives?
Les ex-tradwives amères
Dans Christianity Today, en mars 2024, on apportait quelques nuances à « l’évangile des contenus tradwife ». On nous rappelait que ce mouvement prônant « la féminité biblique »  n’a rien de nouveau et qu’il existait entre autres sous forme de magazines avant la folie des réseaux sociaux.
Puis on insiste sur le fait que « celles qui ont vécu les versions précédentes savent que le fondamentalisme et le légalisme peuvent promettre la liberté, mais aboutissent à une vision qui, si belle soit-elle, se révèle étroite et enfermante. » Des témoignages d’ex-épouses traditionnelles amères pointent d’ailleurs depuis peu sur la place publique.
Que cache le sourire des tradwives?  Le sourire des tradwives estaussi énigmatique que celui de la Joconde …
 
 

7 days ago

Marthe et sa sœur Marie. Un blogue de Jean Loignon.
L'histoire de Marthe et Marie a inspiré beaucoup de biblistes et de théologiens. Est-ce que les actions d'une sœur et meilleure que l'autre? De quelle façon doit-on recevoir Jésus dans nos vies?
L’humanité de la rivalité entre ces deux sœurs recevant la visite de Jésus a assuré à ce récit tiré du seul évangile de Luc (chapitre 10, versets 38 à 42) une extrême notoriété théologique et artistique, mais sa concision l’a exposé au risque de questions multiples, dont les réponses sont probablement plus les nôtres que celles de Jésus.
Deux visages de la foi
Jésus en chemin avec ses disciples fait halte chez une dénommée Marthe, maîtresse des lieux, et sa sœur présumée cadette, Marie.
La première va s’activer pour recevoir son hôte illustre, la seconde se contentant de l’écouter silencieusement « assise à ses pieds ».
Devant cette inégalité des rôles, Marthe interpelle sans ménagement Jésus et le prie d’y remédier.
Mais Jésus refuse d’entrer dans ce différend sororel et entérine la situation par des mots mêlant douceur mais aussi ambiguïté.
C’est ainsi qu’est née l’image d’une Marthe vouée aux tâches matérielles et d’une Marie choisissant l’écoute contemplative de la Parole :  deux visages de la foi, qui vont traverser le vécu des Églises jusqu’à aujourd’hui.
Avec une hiérarchisation des deux attitudes, Marie la spirituelle l’emportant sur Marthe l’activiste.
Marthe, une femme au service des autres
Quoiqu’en pensent les nombreux peintres qui se sont rassasiés du sujet, il n’est pas question de cuisine dans le texte évangélique mais de « service » (diaconie).
Précédant le récit, la parabole du bon Samaritain a détaillé ce que pouvait être le service envers son prochain, bien au-delà des questions de cuisine.
Marthe reçoit Jésus entré seul – les disciples restent en dehors – sans la moindre présence masculine, au rebours de toutes les conventions sociales de l’époque.
Cela suggère une relation déjà ancienne avec Marthe, à l’image de ces femmes aisées qui ont soutenu le ministère du Christ. Marthe, une disciple à part entière?
Les conflits fraternelle et sororelle dans la Bible
La relation fraternelle et sororelle est souvent conflictuelle dans la Bible : Caïn et Abel, Jacob et Esaü, Joseph et ses frères, mais aussi Léa et Rachel, qui durent partager un même mari, Jacob.
Dans le cas de Marthe et de Marie, on sent une même volonté de plaire à Dieu mais par des voies différentes.
On sait, dans le cas de Caïn, à quelle extrémité l’a conduit la préférence de Dieu pour les offrandes d’Abel.
Cette référence donne une touche d’anxiété au récit de Luc qui pose cette question infinie : mon attitude est-elle celle qui assurera mon salut?
L’influence de l’histoire dans la compréhension de ce récit
Saint Jérôme traduit dans la Vulgate latine la réponse de Jésus : Marie a choisi la meilleure part, interprétant librement la bonne part du texte grec, fixant ainsi durablement dans le catholicisme la supériorité de la foi contemplative sur la foi engagée dans l’action.
D’autres Pères de l’Église ont réhabilité l’attitude de Marthe, peut-être aussi pour mieux cantonner les femmes dans des rôles dictés par le patriarcat ecclésial…
Mais Jésus n’a pas reproché l’activisme de Marthe, mais en a seulement et gentiment souligné le risque de débordement. Était-ce à ses yeux la « bonne part » de Marthe, comme Marie avait choisi la sienne, celle qui lui ressemblait?
Rien n’est dit des réactions des deux sœurs. Mais l’Évangile de Jean nous les montrera, unies et solidaires dans la détresse de la mort de leur frère Lazare. Et là, la plus croyante n’est pas celle… (Jean chapitre 11, verset 27)
Cet article s’est nourri du cycle de Théovie consacré aux femmes du Nouveau Testament.
* Originalement publié le 9 avril 2025 dans Région Ouest, EUPDF.
 

De pro-vie à pro-choix

Monday Mar 16, 2026

Monday Mar 16, 2026

De pro-vie à pro-choix. Un blogue de Martine Lacroix.
 
L’autrice de ces lignes a déjà été pro-vie ou anti-choix.  Elle nous raconte son parcours qui a mené à son cheminement pour devenir pro-choix en matière d’avortement.
 
Mon petit doigt me dit que vous allez parcourir ce texte en fronçant les sourcils. Si vous étiez déjà pro-choix dans le ventre de votre génitrice, la sensibilité contenue dans ces lignes risque de vous tomber sur les nerfs. Et si vous êtes de l’autre côté de la clôture, soit pro-vie, le mot « traîtresse » vous trottera peut-être dans la tête.
 
Transition de pro-vie à pro-choix
Qu’est-ce qui me motivait à me définir comme pro-vie? Le désir de sauver des fœtus!
Avec toute ma candeur, je songeais qu’il valait mieux poursuivre une grossesse non désirée afin de secourir des couples pour qui la reproduction paraissait un rêve impossible.
Un jour, je me suis toutefois posé la question suivante: me retrouver enceinte, confrontée à la perspective de cet événement malheureux à mes yeux alors qu’il devrait être supposément heureux, aurais-je le courage de mener ma grossesse à terme dans le seul but de donner l’enfant en adoption? Non.
Même si l’interruption volontaire de grossesse demeure à mon sens un acte empreint de tristesse, je crois maintenant qu’il vaut parfois mieux interrompre une grossesse pour le bien-être des personnes concernées.
Telle une paire de chaussures neuves, je trouvais toutefois mon changement de position un peu inconfortable.
Mes nouveaux souliers enfin cassés, je me suis finalement sentie capable de militer pour le droit à l’avortement.
J’ai d’ailleurs participé à quelques manifs, dont l’une est demeurée tatouée dans ma mémoire. Des dizaines de personnes vêtues de noir, inertes sur le bitume au cœur d’une place publique de la métropole et dans nos mains… un cintre!
Les conditions inacceptables et dangereuses dans lesquelles certaines femmes ont avorté, avortent et avorteront encore dans le futur, voilà ce qui a blindé mes convictions quant à l’interruption volontaire de grossesse (IVG).
Par contre, m’habite toujours un élan de tendresse envers ces femmes qu’on appelait entre autres les « faiseuses d’anges » et qui ont tenté, depuis l’Antiquité, d’en aider d’autres avec les moyens du bord.
Eau de javel dans l’utérus ou instrument pointu, peut-être mal stérilisé, enfoncé dans le liquide amniotique, rien de moins.
En mai 2024, La Presse nous informait de ce cas d’avortement clandestin pratiqué au Québec par un préposé aux bénéficiaires. L’objet employé… des brochettes à barbecue!
En plus de la crainte d’être pointées du doigt comme des sorcières ou conduites devant les tribunaux, la culpabilité ressentie par ces femmes devant les séquelles mentales et gynécologiques permanentes infligées à une autre femme (sans parler de sa mort), devait être insoutenable.
 
Les organismes antiavortements états-uniens
Si j’ai déjà été impliquée dans des activités pro-choix, je ne me souviens pas d’avoir trempé dans la mouvance pro-vie. Il faut dire que les adeptes de l’anti-choix font plutôt preuve de discrétion sur le sol québécois.
N’empêche que connaître le mode de fonctionnement de ces regroupements a souvent piqué ma curiosité.
Le 6 juin 2024, j’ai eu quelques éclaircissements en assistant à la présentation de Véronique Pronovost, doctorante en sociologie et études féministes. Cette pseudo-Mata Hari a réussi à infiltrer des organismes pro-vie chez nos voisins du Sud, plus précisément en Floride.
En humble Madame Tout-le-Monde moyennement informée sur le sujet, j’ai appris certaines choses.
Par exemple, un flou artistique entretenu volontairement entoure souvent ces groupes. Avance-t-on vers les femmes concernées avec de gros sabots en leur interdisant d’avorter? On les aborde plutôt sur la pointe des pieds, en évoquant parfois de l’aide à la grossesse…
Et devant celles qui ont eu recours à la pilule abortive ou ont écarté leurs jambes sur une table d’opération afin d’obtenir le même résultat, l’esprit chrétien ne semble pas toujours au rendez-vous.
Selon Mme Pronovost, on irait même jusqu’à culpabiliser les femmes qui ont déjà avorté en leur demandant d’écrire une lettre de pardon à leur fœtus…
Au cours de ce webinaire, on nous a aussi sensibilisées au fait que, parmi les femmes qui se tournent vers ces organismes à tendance conservatrice afin d’obtenir du secours, les immigrantes s’avéraient parmi les plus vulnérables.
Seules et démunies sur une terre étrangère peut-être hostile, des SOS qui scintillent dans leurs prunelles, elles s’accrochent alors à la première bouée de sauvetage qui s’offre à elles.
La mention d’un flirt entre le militantisme pro-vie et celui pro-armes, voilà cependant l’information qui m’a sidérée. Ce mouvement reproche aux femmes qui choisissent d’avorter de tuer des êtres humains, tout en défendant sans scrupules des machins qui n’ont qu’un rôle… tuer !
 
Dieu, pro-vie ou pro-choix ?
Les grenouilles de bénitier, comme on qualifie parfois les âmes qui, en plus de croire, pratiquent leur religion, font-elles figure d’hérétiques si elles avouent être pro-choix plutôt que pro-vie?
Selon la Bible, uniquement Dieu possède le droit de vie ou de mort sur nous. Permettez-moi toutefois d’emprunter les mots d’un homme fort célèbre en matière d’IVG, soit le docteur Henry Morgantaler.
Et si le fœtus n’était pas un être humain, mais plutôt « un être humain virtuel »? Précisons toutefois que le controversé monsieur était athée…
Comme vous le savez, ce ne sont pas toutes les religions qui s’opposent à l’avortement. Contrairement au catholicisme, plusieurs instances réformées laissent aux femmes la responsabilité de disposer de leur corps à leur guise. Ouf !
Si l’on perçoit Dieu comme pro-choix plutôt que pro-vie, ne faut-il pas se résoudre à monter aux barricades?
Les marches, les vigiles et les manifs de tout acabit visant à défendre l’accessibilité à l’avortement ne représentent point un phénomène en voie d’extinction.
Un peu partout sur la planète, le droit à l’IVG est menacé, puisque les gouvernements de droite poussent comme de la mauvaise herbe. Droite et liberté des femmes font-elles bon ménage? Allons-y d’un exemple!
La première ministre italienne s’est opposée à la formulation du droit à l’avortement dans les engagements pris par le récent G7. Devant Giorgia Meloni, des hommes tels l’ex-président Joe Biden et Emmanuel Macron défendaient farouchement ce droit.
Parlant de nos cousins de l’Hexagone, coup de chapeau à la France, laquelle est devenue le premier pays au monde à inscrire « la liberté garantie au droit à l’IVG » dans sa Constitution. J’arrête ici. Pourquoi ne pas finir ce texte sur une note positive ?
 
Cette réflexion a été originellement publiée dans la revue numérique L’Autre Parole, le 1er février 2025.
 
 

Thursday Mar 12, 2026

Dieu au cœur de nos difficultés. Un blogue de Stéphane Godbout.
 
Avoir la foi en Dieu ne nous épargne pas des difficultés personnelles et collectives. Comment réagir lorsque le malheur nous frappe?
 
Pourquoi Seigneur? Qu’ai-je fait ? Aide-moi. Ne m’abandonne pas!
Il y a des jours où tout semble s’écrouler. Où l’on regarde autour de soi — ou en soi — et on ne reconnaît plus rien.
Le monde devient dur, les repères se brouillent, les relations s’abîment, et l’on finit par murmurer, ou crier: « Pourquoi, Seigneur? Qu’ai-je fait? Aide-moi, Aide-nous. »
 
Les difficultés du peuple de Dieu dans la Bible
Ces mots, peut-être que vous les avez déjà dits, en silence ou à haute voix.
Ce cri, le peuple d’Israël l’a aussi lancé, il y a longtemps, à travers des psaumes comme celui que je lisais cette semaine en préparation à une prédication, le Psaume 80. On y entend une prière bouleversante :
« Dieu des armées, fais-nous revenir ! Fais briller ton visage, et nous serons sauvés. »
C’est une parole adressée à Dieu en plein chaos. Pas une louange sereine, mais un cri à travers les larmes. Un peuple sent que tout ce qui tenait debout s’effondre, et cherche encore la lumière du visage divin, quelque part dans l’obscurité.
Quand tout va mal, est-ce que Dieu m’abandonne à mes difficultés?
Quand la vie devient difficile, notre premier réflexe est souvent de chercher une raison : Qu’ai-je fait? Pourquoi ça m’arrive?
Certains enseignements religieux ont renforcé cette idée : si quelque chose va mal, c’est peut-être parce que Dieu punit.
Le psaume lui-même semble aller dans ce sens :
« Pourquoi as-tu détruis sa clôture, pour que tous les passants la dépouillent ? »
Mais faut-il vraiment croire que Dieu est derrière notre souffrance ? Est-ce que Dieu envoie les malheurs pour corriger ou punir ? Non. Ce n’est pas ce que Jésus nous a montré.
 
Dieu ne punit pas. Il relève.
Dans les évangiles, Jésus n’inflige pas la souffrance : il s’en approche, il la porte, il la guérit.
Un jour, on lui rapporte que des Galiléens ont été tués par Pilate, pendant un moment sacré.
Et on lui demande : Est-ce parce qu’ils étaient plus pécheurs que les autres ?
Jésus répond clairement : « Non, je vous le dis. » (Luc, chapitre 13, versets 1 à 5)
Non, la souffrance n’est pas une preuve de culpabilité. Ce n’est pas Dieu qui tire les ficelles pour faire tomber ceux qui l’auraient déçu.
Au contraire, Dieu est du côté de ceux qui souffrent.
« Il ne brisera pas le roseau cassé, et n’éteindra pas la mèche qui faiblit. » (Ésaïe, chapitre 42, verset 3)
Ce verset, que Jésus lui-même incarne, nous dit quelque chose d’essentiel : Dieu ne cherche pas à nous écraser quand on est déjà à terre. Il nous relève. Il reste là, même quand nous n’arrivons plus à le sentir.
 
Le feu de la vérité, pas des difficultés
Dans Luc, chapitre 12, verste 49, Jésus dit une parole difficile.
« Je suis venu jeter un feu sur la terre. »
Ce n’est pas un feu destructeur. C’est un feu qui purifie, qui éclaire, un feu de réveil spirituel.
Il nous dérange parfois, parce qu’il met en lumière ce qu’on préférait cacher. Il provoque des tensions, parce qu’il nous pousse à choisir la vérité, même quand elle dérange.
Il ne vient pas punir, mais secouer, réveiller, faire grandir.
Nos décisions ont des conséquences, mais ce n’est pas Dieu qui frappe.
Il faut aussi dire une chose honnêtement : parfois, ce que nous vivons, ce que nous subissons, vient de nos choix passés, ou de ceux de nos sociétés.
Nous avons négligé certains liens. Nous avons oublié la justice. Nous avons ignoré la souffrance des autres, jusqu’à ce qu’elle nous atteigne à notre tour.
Dans ces cas-là, Dieu ne nous punit pas. Mais la vie, elle, porte les traces de nos actions.
« Ce que l’on sème, on le récolte. » (Galates, chapitre 6, verser 7)
Ce n’est pas une menace, c’est une vérité. Dieu ne nous juge pas comme un maître impitoyable.
Il nous parle comme un ami fidèle qui nous dit : Tu es libre. Mais sois conscient que cette liberté a du poids.
 
Un Dieu qui n’empêche pas toujours la tempête, mais qui reste dans la barque
Un autre passage de l’évangile nous montre Jésus dans une barque, au milieu d’une tempête (Marc, chapitre 4, verset 38). Ses disciples paniquent. Lui, il dort. Ils le réveillent :
« Maître, cela ne te fait rien que nous périssions ? »
Parfois, on a l’impression que Dieu dort aussi pendant nos tempêtes. On lui crie : Pourquoi tu ne fais rien?
Mais ce que ce texte nous dit, c’est que Jésus est dans la barque, lui aussi. Il ne l’a pas quittée.
Dieu ne nous épargne pas toutes les tempêtes, mais il ne saute pas du bateau quand la mer devient dangereuse.
 
Une prière qui devient responsabilité
Dans le psaume 80, une image revient plusieurs fois : celle de la vigne.
Le peuple dit à Dieu : Tu avais planté une vigne, tu en avais pris soin, et maintenant elle est détruite.
Mais cette prière devient aussi un miroir : Et nous, qu’avons-nous fait de cette vigne?
Dans nos vies aussi, certaines vignes s’abîment. Nos familles, nos communautés, notre planète. Ce que nous ne protégeons pas finit par se dessécher.
« Dieu des armées, regarde du haut des cieux, reviens, prends soin de cette vigne ! »
Oui, demandons à Dieu d’agir. Mais peut-être qu’il nous répond aussi :« Et toi, veux-tu en prendre soin avec moi? »
 
Même quand on ne comprend pas nos difficultés, espérer encore
Revenons à la prière du Psaume 80 :
« Fais briller ton visage, et nous serons sauvés. »
Cette prière ne demande pas de solution rapide. Elle demande une présence. Une lumière dans l’obscurité.
Et c’est peut-être ce que nous avons le plus besoin d’entendre : Tu n’es pas seul. Dieu est encore là. Même dans ce que tu traverses. Même si tu n’as pas les mots. Même si tu ne comprends pas.
 
Pour toi, aujourd’hui
Si tu vis une période trouble, si tu te poses des questions sans réponse, si tu te demandes ce que tu as bien pu faire pour en arriver là…
Souviens-toi :
Tu as le droit de crier vers Dieu.
Ta douleur n’est pas une punition.
Dieu ne t’a pas abandonné.
Tu n’as pas besoin d’avoir une foi parfaite pour être entendu.
Tu peux reconstruire, te restaurer, avec lui.
Et si tu n’arrives pas à prier, alors que cette simple phrase devienne ta respiration :« Seigneur, fais briller ton visage… montre-moi la voie ! »
 
Et maintenant?
Peut-être que tu peux prendre un moment, aujourd’hui, pour te poser et regarder :
Quelles sont les vignes que tu veux (ou dois) restaurer dans ta vie ?
Quels choix es-tu appelé à faire, même s’ils sont difficiles ?
Et surtout :
Où perçois-tu, même faiblement, le visage de Dieu qui continue de briller dans l’ombre ?
N’oublie pas, Dieu ne s’est pas détourné. Il t’accompagne. Pas pour te punir, mais pour te relever, te guider, t’aimer.
 

Monday Mar 09, 2026

L’augmentation des dépenses militaires au Canada. Un blogue de Martine Lacroix.
 
Depuis quelques mois, les dépenses militaires au Canada ont augmenté de façon significative. Qu’est-ce que cela signifie pour les croyants? Dans quel genre de société voulons-nous vivre?
 
Vous connaissez la comptine Malbrough s’en va-t-en guerre? Mironton, mironton, mirontaine! Cela ne vous rappelle-t-il point le premier ministre du Canada? Mark s’en va-t-en-guerre! C’est que depuis son arrivée au pouvoir, Mark Carney ne semble point se garder une petite gêne, comme on dit au Québec, quant à son intérêt pour le militarisme.
Par exemple, ce matin, en ouvrant mon cellulaire, Le Devoir m’informait de l’existence « d’une opération charme d’un constructeur sud-coréen pour le contrat des sous-marins canadiens ».
La ministre de l’Industrie, Mélanie Joly, insistait sur le fait que ces investissements gargantuesques en défense permettraient ainsi de « protéger notre souveraineté et aussi de soutenir nos alliés » sans oublier la création d’emplois. Souvenez-vous de cette chanson de Pagliaro, « On vend des armes par voie diplomatique. Plus on en tue, plus on fait du fric …
Hausse fulgurante des dépenses militaires au Canada
Si le Canada a souvent porté le bonnet d’âne en raison de son peu d’empressement à atteindre les objectifs avancés par l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord, notre nouveau PM a décidé de montrer que, lui, il était un premier de classe. La guerre, yes sir! comme l’écrivait Roch Carrier.
Ce 2% du produit intérieur brut fixé par l’OTAN? Aucun problème! L’unifolié exécute les ordres et puise 9.3 milliards dans son sac musette. Prochaine cible susurrée par les camarades de l’Atlantique Nord… 5% du PIB! Là encore, le gouvernement Carney se met au garde-à-vous.
Dans sa dernière infolettre, le Collectif Échec à la guerre signalait un article d’Owen Schalk, parue en novembre dans Canadian Dimension, qui qualifiait le Canada « d’important marchand d’armes mondial ». 
On y résumait ainsi la politique étrangère canadienne : « le profit ne l’emporte pas simplement sur la souffrance humaine, il l’éclipse complètement. »
Cela ne reflète-t-il pas de façon adéquate la prise de position du héros du récent Forum économique mondial de Davos, ancien gouverneur de la Banque du Canada puis de celle d’Angleterre, qui semble voir en la guerre des signes de dollar plutôt que des mares de sang…
Avions, munitions, drones, nouveaux capteurs et tutti quanti, notre pays se fait un devoir de regarnir le coffre à jouets de ses troupes. Elle est finie l’époque ou nos bidasses terrifiaient autant l’ennemi que le casse-noisette en bois de Tchaïkovsky.
Nos militaires auront désormais l’air aussi pros que les G.I. Joe et G.I. Jane de l’Oncle Sam. Même la Garde côtière change d’uniforme. On l’incorpore dans le ministère de la Défense nationale!
En novembre dernier, plusieurs sources, dont Radio-Canada, nous informaient que « l’industrie de la défense canadienne saluait les nouveaux investissements de près de 85 milliards de dollars sur cinq ans annoncés par le gouvernement Carney dans son budget ».
Dès juin dernier, alors que le gouvernement d’Ottawa annonçait ses ambitions militaires, une guerre des étoiles naissait dans les yeux de François Legault. Sur X, le premier ministre, aujourd’hui démissionnaire, s’extasiait sur « l’opportunité exceptionnelle pour l’économie du Québec ».
Mark Carney, politicien et chrétien
Jusqu’à quel point notre premier ministre, catholique et pratiquant, tente-t-il de convaincre ses homologues de privilégier le dialogue plutôt que les armes? On ne s’attend évidemment pas à ce que Mark Carney organise un bed-in à la John et Yoko devant le parlement à Ottawa. On peut toutefois se poser une question.
Lorsqu’il entend les appels à la paix du chef de l’Église catholique, lequel déplore que « la guerre est revenue à la mode », un certain malaise habite-t-il notre premier ministre?
Au début de janvier, le Journal de Montréal rapportait que l’occupant du trône de Saint-Pierre aurait même déclaré « qu’on ne recherche plus la paix comme un don ou un bien désirable en soi (…), mais on la recherche par les armes, comme condition pour affirmer sa propre domination. »
Autre piste de réflexion. La position naturelle d’une personne qui croit en Dieu doit-elle nécessairement se résumer à son opposition aux conflits? Même avec des connaissances faméliques en matière de religiosité, la plupart d’entre nous ont déjà entendu parler des guerres de religion. Combien de boucheries ont été commises au nom d’un Être suprême? Que ce soit Dieu, Allah ou Yahvé?
Peu importe la sphère dans laquelle on évolue, surgissent des divergences d’opinions. Aux yeux des personnes qui croient en une cause, n’est-ce pas normal que tous et toutes ne partagent pas les mêmes idées quant à la façon de réaliser leurs idéaux?
Faut-il alors se surprendre que les adeptes d’une même divinité expriment des points de vue différents sur les guerres comme ce fut le cas avec l’invasion de l’Ukraine par la Russie?
En août 2023, Euronews signalait que l’Église orthodoxe russe n’hésitait pas « à prendre des mesures disciplinaires voire à révoquer les prêtres russes qui militaient en faveur de la paix en Ukraine ».
N’empêche que lorsqu’on évoque la spiritualité, le mot « morale » ne devrait-il pas venir à notre esprit subito presto afin de nous éclairer telle l’étoile de Bethléem guidant les Rois mages vers Jésus? Car où se trouve la morale dans le fait de fermer les yeux sur les conséquences humaines, mais aussi environnementales des guerres?
 
Que faire à part prier?
Plusieurs actions citoyennes s’offrent à nous comme les marathons d’écriture d’Amnistie internationale, le port du coquelicot blanc en mémoire des victimes militaires, mais aussi civiles des guerres, parrainer des familles qui fuient des conflits, etc. 
On peut aussi manifester son indignation dans les rues, mais également par des lettres ouvertes. Le 20 janvier, Le Devoir publiait un texte rédigé par l’autrice de ces lignes.  
Aujourd’hui, est-il possible « de ne pas saisir que la gravité d’un séisme, cela ne se mesure pas toujours avec une échelle de Richter. Qu’un cratère, ça ne découle pas nécessairement d’un tremblement de terre. Qu’un abysse, ça peut contenir l’humanité … »

Thursday Mar 05, 2026

Le Carême. Quand la culture s’en mêle. Un blogue de Marie-Sylvenie Chery.
 
Le Carême est plus qu’un temps de l’année liturgique. Il s’agit d’un moment ouvrant un espace entre foi, culture et quête intérieure.
 
Après la célébration de la naissance de Jésus, l’histoire se poursuit avec l’Épiphanie, la visite des Rois mages, son baptême et son expérience du désert pendant quarante jours. Cette période est connue sous le nom de Carême.
 
Qu’est-ce que le Carême?
C’est un terme qui vient du latin « quadragesima » (quarantième). C’est la commémoration des quarante jours que Jésus passa au désert avant de commencer son ministère public. Cet événement est décrit dans les évangiles de Matthieu, Marc et Luc.
 
Quelle est l’origine du Carême?
Dans l’histoire de l’Église, le Carême s’est structuré comme un temps liturgique chrétien de préparation à la célébration pascale. Quarante jours de conversion spirituelle centrés sur la prière, le jeûne et la charité commencent le mercredi des Cendres pour culminer à la Semaine sainte et à la fête de la Résurrection. Cette période liturgique a été fixée au Premier concile de Nicée au 4e siècle.
 
Quel est son sens théologique?
Le Carême est avant tout un appel à un changement intérieur. Nous sommes invités à nous détourner du mal, approfondir la relation à Dieu et nous tourner vers le prochain. Le désert, en tant que terme, symbolise une sorte de dépouillement et un temps d'épreuve, mais aussi la rencontre avec Dieu et la maturation spirituelle.
Après la célébration de la naissance de Jésus, l’histoire se poursuit avec l’Épiphanie, la visite des Rois mages, son baptême et son expérience du désert pendant quarante jours. Cette période est connue sous le nom de Carême.
 
Des pratiques concrètes
Le Carême revient chaque année comme une respiration profonde dans le tumulte d’un monde essoufflé par les fatigues quotidiennes, de nos communautés et de nous-mêmes. C’est une quête d’un repos où Dieu réapprend à ses enfants la douceur du chemin.
Il dépasse pourtant largement les frontières de la pratique religieuse; il puise dans une tradition spirituelle ancienne.
Voyons cela de plus près. Il a infiltré nos mœurs, nos langues, nos arts, nos rythmes sociaux, voire nos imaginaires collectifs. En somme, c'est un miroir culturel, un espace où se croisent héritages spirituels, récits populaires, gestes de solidarité et quêtes personnelles de sens.
Dans nos sociétés, traversées par la vitesse et la performance, ce temps de dépouillement volontaire résonne différemment. Il inspire également des artistes, comme Johann Sebastian Bach avec sa Passion selon saint Matthieu, une œuvre qui plonge dans la profondeur du sacrifice, du pardon et de la compassion.
Il y a aussi Emily Carr avec ses peintures de forêts et de terres autochtones évoquant une spiritualité de la Création, très proche du Carême contemporain.
 
Une période qui influence les traditions culinaires
Il y a des repas légers comme la soupe (le mercredi ou le vendredi soir) ou du poisson séché ou salé (certains restaurants proposent des « Fish Friday » ou « Fish Fry »). Des familles remplacent la viande fraîche par du poisson ou des fruits de mer. La saison est aussi marquée par la sobriété volontaire, un temps pour réapprendre la simplicité, avec parfois une dimension écologique. Manger moins de viande dit moins de gaspillage.
À une époque où le pays était plus religieux, ou du moins sous l'influence de la religion catholique romaine, certaines sources historiques confirment que l'abstinence de viande était stricte et que la morue salée, le hareng et les œufs jouaient un rôle central.
 
Petite anecdote
Je me rappelle, quand j'étais enfant, ma mère nous nourrissait strictement de poisson séché, de hareng saur ou d'œufs, plutôt que de viande fraîche.
Quand j’étais au collège, après le service du mercredi, on nous servait de la soupe ou du potage à midi, une pratique encore courante dans les monastères et les communautés religieuses.
 
L’influence des communautés immigrantes
Comme on peut le constater, l’Amérique du Nord est un continent de migrations, et chaque communauté apporte ses traditions.
On y trouve des plats simples à base de légumes, de poisson et de riz (Philippines), des repas sans viande, des soupes, des bananes plantains, du poisson et des œufs (Haïti ou les Caraïbes), des sauces végétales, des haricots et des ignames (Afrique de l’Ouest), un jeûne strict sans produit animal (Europe de l’Est), des plats à base de maïs, des empanadas de vigilia et du poisson (Amérique latine), ou des poissons salés, des œufs, des légumes racines, du pain gruau, des galettes et des légumineuses (Québec).
Cette liste n’est pas exhaustive.
 
Expressions idiomatiques
Le Carême a laissé des traces durables dans la langue, même lorsque la pratique religieuse a changé ou évolué.
Dans le milieu anglophone, pour décrire une ambiance sobre, calme et introspective, on parle de « Lenten mood ».
Le Carême nourrit des expressions autour de la transformation, comme « sortir de son désert » pour parler d'une période difficile, ou « retrouver la lumière », image pascale devenue idiomatique.
Quant au temps et à l’attente, on dit que c’est « long comme un carême » pour dire qu’une situation semble interminable.
 
L’abstinence au sein du couple
Je me rappelle encore le bon vieux temps où mon oncle faisait « pénitence » pour réparer ses torts, tandis que ma vieille tante se mettait en retrait pour prendre du recul.
Je pourrais dire que le Carême en Amérique devient un laboratoire culturel où l'on interroge ce que l'on consomme, ce que l'on transmet et ce que l'on espère, sans nécessairement parler d'abstinence.
L’abstinence n’est pas une obligation, mais un choix personnel qui peut prendre la forme d’une métaphore puissante : celle d’un cœur qui cherche à discerner ce qui le nourrit.
Le Carême nous rappelle que la transformation spirituelle ne se vit jamais isolément, car elle façonne nos habitudes, inspire nos gestes quotidiens et ouvre un chemin où la foi dialogue avec la vie réelle, la mémoire collective et les aspirations d'un monde en quête de sens.
Il faut retenir que « vivre le Carême » n’est pas d’abord une contrainte alimentaire, mais une démarche spirituelle de conversion et de solidarité.
 

Être ou ne pas être mère?

Monday Mar 02, 2026

Monday Mar 02, 2026

Être ou ne pas être mère. Un blogue de Martine Lacroix.
 
Quels sont ces motifs pour lesquels une femme refuse de devenir une mère? Les Églises ont-elles un mot à dire dans ce choix?
 
Connaissez-vous le cantique « C’est le mois de Marie, c’est le mois le plus beau! »? Marie, figure phare de la chrétienté, qui va le nier?
Est-ce la raison pour laquelle divers aspects de la maternité provoquent tant de débats? Qui n’a pas déjà entendu parler de ces commentaires réprobateurs, à moins que ce ne soit carrément un appel au bannissement, que peuvent encore susciter les moyens de contraception au sein de certaines églises.
Quant à l’avortement, combien d’autorités ecclésiastiques condamnent toujours cet acte? Rappelons qu’il n’y a pas seulement au pays de l’Oncle Sam que l’on remet en question l’interruption volontaire de grossesse (IVG). Et qu’en est-il du simple refus de la maternité?
 
Pourquoi rejeter la maternité
Faut-il se surprendre que des raisons économiques soient souvent avancées?
Si certaines d’entre nous conçoivent qu’un marmot coûte cher, d’autres s’inquiètent plutôt qu’un autre humanoïde sur la Terre, eh bien, cela risque d’hypothéquer l’avenir de la planète. Eh oui, une conscience environnementale peut quelquefois justifier ce choix.
Mais combien de femmes se sentent tout simplement mal à l’aise d’avouer que l’envie de materner brille par son absence chez elles?
 
Incompréhension face à ce choix de ne pas être mère
Une femme qui dédaigne la maternité soulève-t-elle davantage de réactions négatives qu’un homme qui met une croix sur la paternité? Passe-t-il lui aussi pour une créature un brin extravagante?
La signataire de ce texte en sait quelque chose.
À 33 ans, n’éprouvant aucune attirance pour la maternité, j’ai opté pour la ligature des trompes. Contrairement à beaucoup de mes consœurs, j’ai pu compter sur le soutien d’un gynécologue ouvert d’esprit.
C’est que la stérilisation peut être déniée par les professionnels de l’obstétrique à celles qui n’ont jamais enfanté. Pourquoi? Crainte que les jeunes femmes regrettent un jour cette opération souvent irréversible. Ai-je ressenti des remords? Jamais.
À l’aube de la soixantaine, vieillir sans la perspective de compter sur une progéniture susceptible de me soutenir jusqu’à mon dernier souffle m’angoisse-t-il? Un peu. Par contre, ce léger vertige qui m’envahit parfois ne pèse pas lourd face à cette décision prise depuis des lunes.
 
Tabou en voie d’extinction
Au cours des dernières années, de plus en plus de femmes ont revendiqué sans gêne le droit de dire « un enfant, non merci! ». Témoignages dans l’espace public, documentaires, articles et tutti quanti font en sorte que ce sujet ne sera bientôt plus tabou.
D’ailleurs, si on y réfléchit bien, materner ne signifie-t-il pas prendre soin d’une autre vie que la sienne? Mais materner s’avère-t-il nécessairement biologique?
Prenons comme exemples les mères d’adoption. Même sans lien de sang, une femme ne peut-elle pas chérir un plus petit que soi?
Puis combien de femmes ne jouent-elles point avec brio le rôle d’aidantes naturelles? Et qu’en est-il de toutes celles qui s’impliquent à titre de bénévole auprès des êtres les plus vulnérables de notre société?
Parmi tous ces messages qui fleurissent sur les cartes dédiées à la fête des Mères, verrons-nous bientôt quelque chose du genre : « Je t’aime maman de cœur? »

L'âgisme

Tuesday Feb 24, 2026

Tuesday Feb 24, 2026

L’âgisme. Un blogue de Marie-Sylvenie Chery.
 
L’âgisme est un défi spirituel et humain dans notre vie quotidienne. La mise à l’écart des personnes en raison de leur âge nous éloigne du message du Christ.
 
Dans nos communautés, il arrive que des personnes soient mises à l’écart non pas pour ce qu’elles font ou disent, mais simplement à cause de leur âge. 
Une aînée pleine de sagesse, autrefois active, ne reçoit plus de responsabilités ou bien un jeune remplit de motivation et inspiré, se heurte au scepticisme. Comment expliquer cela?
 
Être confronté à l’âgisme pour la première fois
Je ne pouvais pas comprendre ce phénomène de l’âge tant que je ne l’avais pas vécu moi-même. Un jour, je voulais acheter un ordinateur Apple.
Je disais cela avec une jeune fille avec qui j’avais l’habitude de travailler en groupe, à l’université.
Mais la jeune m’a conseillé d’acheter une tablette sachant que l’ordinateur Apple serait trop difficile à gérer. Elle m’a dit en souriant que ce n’est pas fait pour ton âge.
J’étais fâchée dans mon cœur, car je n’avais pas l’air si vieille que ça. J’étais sur la défensive. Pourtant je suis capable de mener des opérations sur n’importe quel type d’ordinateur si je suis bien entrainée.
Mais j’avais compris pourquoi elle m’avait lancé cela à la figure parce que de temps en temps je lui demandais de m’aider avec certains logiciels.
 
Qu’est-ce que l’âgisme?
C’est une forme de discrimination fondée sur l’âge. Cela peut viser les personnes âgées comme les plus jeunes, en les marginalisant, en les stéréotypant ou en réduisant leur rôle dans la société.
Dans notre société moderne, avec la montée en flèche de la technologie et de l’intelligence artificielle, nos aînés peuvent être écartés des responsabilités liées à la technologie moderne.
Il peut y avoir un manque de dialogue intergénérationnel. Ce qui peut donner un sentiment d’inutilité ou de frustration qui engendra par la suite une perte de richesses humaines et spirituelles. Au lieu d’avoir de la collaboration, on voit naitre un cloisonnement.
Quand l’âgisme s’installe, il crée des murs invisibles entre les générations. On confie moins de responsabilités aux aînés, sous prétexte qu’ils sont « fatigués », sans leur demander leur avis. On ignore les jeunes en pensant qu’ils manquent de maturité, sans les accompagner.
Ces attitudes peuvent causer un sentiment d’exclusion ou d’inutilité, de la perte de talents et d’idées et de la division au lieu de la communion.
La communauté devient alors moins vivante, moins ouverte, moins fidèle à l’Évangile.
 
L’âge est un processus naturel
L’âge de 65 ans est souvent considéré comme le début de la vieillesse, car on commence sa retraite si on le souhaite.
Cependant, la prise d’âge est un processus normal inévitable qui démarre dès le premier jour de la naissance.
 
Une vision biblique de la vieillesse et de la jeunesse
La Bible valorise la vieillesse. Dans Proverbes 16, verset 31, il est dit que la couronne des vieillards, c’est leur expérience : « Les cheveux blancs sont une couronne d’honneur; c’est dans le chemin de la justice qu’on la trouve ».
Les jeunes personnes sont plus créatives, pleines d’énergie et de vision nouvelle. Cependant, nos aînés devraient être des sources de sagesse, de mémoire et de stabilité.
Il en va de même pour les jeunes qui veulent s’impliquer dans des communautés ou dans les Églises. On devrait les encadrer et les encourager.
Être jeune n’est ni une faiblesse ni un handicap. Chaque étape de la vie a ses richesses.
En tant que disciples du Christ, appelés à vivre dans l’amour et dans la justice, nous devons réagir et condamner toute attitude à l’âgisme.
Alors que faire?
 
Quelques recommandations pour contrer l’âgisme et vivre une véritable inclusion
Il est bon de créer les ponts entre les générations en organisant des activités pour tout le monde ensemble et en favorisant les échanges et le mentorat.
Il est conseillé de donner la parole à toutes les générations dans la paroisse.
Il est bon de sensibiliser les gens aux stéréotypes liés à l’âge dans les prédications et les groupes de discussion.
Il est agréable de célébrer la diversité d’âge comme une richesse et non comme un obstacle.
 
Créer une communauté pour tous les âges
Le Christ nous invite à accueillir chaque personne avec amour, respect et dignité. Une communauté fidèle à son appel est une communauté où chaque génération peut s’épanouir, porter du fruit, apprendre et transmettre.
« Que personne ne méprise ta jeunesse » (Première lettre à Timothée, chapitre 4, verset 12)
« Même dans la vieillesse, ils porteront encore des fruits » (Psaumes 92, verset 15)
Que nous soyons jeunes ou aînés, débutants ou expérimentés, nous sommes appelés à bâtir ensemble une communauté vivante, intergénérationnelle et profondément humaine, enracinée dans l’amour de Christ.
 
 

Qui est Dieu?

Monday Feb 23, 2026

Monday Feb 23, 2026

Qui est Dieu? Un blogue de Stéphane Godbout.
 
Depuis que l’humanité existe, une question traverse les âges, celle de définir Dieu, de répondre à la question : Qui est Dieu?
 
Comment définir Dieu?
J’ai souvent réfléchi à ce mystère, et j’ai découvert que cette quête n’est pas seulement une recherche intellectuelle, mais aussi un besoin profond inscrit dans mon cœur, comme dans celui de plusieurs êtres humains.
Depuis les premières civilisations, chaque culture, chaque époque a tenté de comprendre ce qui dépasse notre raison, d’approcher le divin à travers des images, des métaphores, de l’art et des croyances.
Mais à chaque fois, ce divin semble à la fois proche et, en même temps, insaisissable.
Formuler une réponse à la question Qui est Dieu? est une entreprise risquée qui ne peut qu’être incomplète et insatisfaisante. Plus nous nous approchons d’une définition du divin ou de Dieu, plus cette définition semble nous échapper.
 
Le besoin humain de croire en Dieu
Pourquoi cherchons-nous à connaître Dieu? Pour moi, la foi en Dieu n’est pas juste une croyance religieuse, mais une réponse à un besoin fondamental, un besoin d’appartenance et de sens. Croire en Dieu, c’est aussi donner un sens à son existence.
Même dans les moments les plus simples ou difficiles de la vie, cette foi nous permet de voir nos expériences comme faisant partie d’une histoire plus grande.
Cette perspective aide à comprendre que chaque petit geste a un poids, une signification, dans le grand récit de la création.
La foi en Dieu me donne aussi un refuge, une ancre lorsque la tempête de la vie semble emporter tout sur son passage.
Dans les épreuves, il est réconfortant de savoir que l’on n’est jamais seul.
Croire en un Dieu qui nous soutient tout au long de notre chemin de vie, qui reste fidèle malgré nos doutes ou nos erreurs, qui nourrit en nous une force silencieuse, mais puissante et positive.
Il y a aussi cette dimension intime de la foi, qui nous pousse à nous développer, à chercher à devenir la meilleure version de nous-mêmes, à demeurer positif et optimiste.
La foi me rappelle constamment de cultiver l’amour, la compassion et le pardon. Elle m’invite à grandir, à m’examiner et à me dépasser.
Et lorsque je pense à tout cela, je réalise que la foi a aussi un impact sur mon bien-être émotionnel. De nombreuses études montrent d’ailleurs que croire en Dieu et avoir la foi peut réduire le stress, l’anxiété et offrir un sentiment de paix intérieure.
 
La quête universelle de Dieu
Quand je pense à Dieu, je me rends compte que cette quête ne m’est pas propre, elle n’est pas propre à ma civilisation. Elle touche un très grand nombre d’êtres humains.
À travers les siècles et les cultures, différentes religions ont essayé de comprendre ce divin : les chrétiens parlent de Dieu comme Père, Fils et Saint-Esprit, un Dieu de relation et d’amour; les musulmans décrivent Allah, Tout-Puissant et miséricordieux; les juifs voient en YHWH le guide fidèle de leur peuple.
Et il y a aussi les hindous qui cherchent Brahman, l’Absolu, tout en honorant les multiples manifestations de ce divin.
Même les bouddhistes, qui ne vénèrent pas un Dieu créateur, explorent les lois universelles du karma et la quête de la libération spirituelle.
Ces visions ici représentées trop sommairement sont très variées.
Elles témoignent toutefois d’une même vérité : Dieu est plus grand que tout ce que nous pouvons comprendre.
Ainsi, Dieu est grand, Il est une force et Il renferme des lois et des principes universels qui nous guident dans notre quête d’être humain.
 
Dieu pour les Premiers Peuples
Aborder un tel sujet est pratiquement impossible sans penser aux enseignements précieux des Premiers Peuples.
Leur spiritualité, profondément liée à la nature et à l’harmonie entre tous les êtres, nous invite souvent à une vision de Dieu comme Créateur, comme Terre-Mère ou comme Grand-Esprit.
Pour certains d’entre eux, les montagnes, les rivières, les animaux ne sont pas que des éléments de la nature, mais des témoins vivants de la sagesse du divin.
Cette vision peut nous inviter à contempler et à expérimenter Dieu non seulement dans les livres saints et dans des réflexions intellectuelles, mais aussi dans la beauté de la création, dans l’équilibre fragile du monde naturel, dans les forces incroyablement puissantes qui s’opèrent, dans l’immensément petit et dans la grandeur infinie de l’Univers connu et inconnu.
En écoutant leur sagesse, en observant la nature, on peut certainement trouver des signes de la présence divine qui nourrissent notre foi.
 
Dieu, au-delà des images
Il y a quelque chose de fascinant dans le fait que, malgré toutes ces représentations de Dieu, il reste un mystère. Et pourtant, ce mystère est vivant et présent dans notre quotidien.
Une citation de la déclaration de foi de l’Église Unie du Canada, intitulée “Notre foi chante”, m’a particulièrement interpelé.
Elle décrit Dieu sous des formes multiples : “Père, Fils et Saint-Esprit. Créateur, Rédempteur, Soutien, Mère, Ami, Consolateur, Source de Vie, Parole vivante et Lien d’Amour”.
Ces mots tentent d’exprimer l’inexprimable, mais ils rappellent aussi que Dieu se révèle à nous de mille manières.
Il est à la fois proche et lointain, personnel et universel, mystérieux et proche.
Ainsi, peut-être que la première étape pour le définir est de lui faire une place dans son cœur, dans son être intérieur et intime, dans les observations du monde et dans l’appréciation de la vie que nous faisons à chaque jour.
 
Une invitation à une expérience personnelle
Alors, Qui est Dieu?
Malheureusement ou, peut-être, heureusement, cette question n’a pas de réponse simple, fixe ou définitive.
La Bible, les traditions religieuses, et la sagesse spirituelle ancestrale des Premiers Peuples, tout cela nous aide à approcher ce mystère.
Mais, en fin de compte, même la Bible nous enseigne que la question « Qui est Dieu? » n’a pas seulement une réponse théologique.
Elle est aussi une invitation à une expérience, un voyage où chacun, selon son propre contexte et son histoire, peut dire comme le psalmiste :
« Goûtez et voyez combien l’Éternel est bon ! » (Psaume 34, verset 9)
À travers ce voyage spirituel, chacun, selon son histoire et son contexte, peut rencontrer Dieu dans des formes et des expériences différentes, mais toujours avec cette promesse d’une rencontre qui dépasse les mots, qui inspire plus que tout, qui rassure face à toutes les peurs, qui calme les plus grandes vagues intérieures et qui ouvre au monde des émotions profondes qui donnent les saveurs les plus riches à la vie.
En terminant, un petit mot sur le Christ, que la plupart des chrétiens considèrent comme Dieu ou comme la plus grande et parfaite de ses manifestations.
Le Christ est certainement un chemin de croissance, d’enseignement et d’inspiration qui peut permettre la construction d’une meilleure idée de ce Qui est Dieu?
Je pense que l’on peut sans trop de craintes explorer ce chemin spirituel de connaissances et de lumière.
Un chemin qui peut permettre de construire graduellement sa propre relation avec Dieu, de ressentir encore plus pleinement sa propre foi et, ainsi, de développer sa compréhension intime et profonde de ce Qui est Dieu? Personnellement, c’est ce qui m’est arrivé.
Alors, je vous invite, à votre tour, à vous poser cette question : « Qui est Dieu? » Peut-être que la réponse réside moins dans les mots que dans l’expérience vivante de ce mystère, dans la recherche de cette relation sacrée avec le divin, avec Dieu, et dans l’expérimentation de pratiques spirituelles et religieuses qui sauront vous inspirer, vous donner un accès à “l’Éternel”.
 

Les mariages forcés

Sunday Feb 22, 2026

Sunday Feb 22, 2026

Les mariages forcés. Un blogue de Martine Lacroix.
 
Est-ce que les mariages arrangés existent toujours dans notre monde? Qu'en est-il d'ici? La situation est loin d'être aussi belle que nous pourrions imaginer.
 
Le mariage idéalisé
Au Québec si on mentionne le mot « mariage », surgit alors devant nos yeux un jeune couple, un homme et une femme plutôt que deux personnes du même sexe, une multitude de sourires Colgate les entourent tandis qu’une pluie de confettis les inonde.
L’élément phare du jour J … la robe de la mariée! Une tenue blanche qui donne à la vedette du jour un air de princesse. Puis, tel un conte de fées, l’issue devrait se lire comme suit : ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants.
Bref, que l’union soit religieuse, civile ou autre qu’elle soit modeste ou coûte la peau des fesses, on imagine immanquablement un événement positif.
 
Les mariages sans amour
Si on s’intéresse toutefois à l’histoire avec un H majuscule, notre ciboulot devrait avoir retenu que les épousailles n’ont pas toujours rimé avec amour. Que d’êtres humains de sang bleu ont souffert d’une destinée déjà enchaînée à une autre alors que leur nourrice ne leur avait pas encore retiré le tétin du bec.
Combien de films, bouquins et documentaires ont traité de ces mariages arrangés par des familles puissantes afin d’avoir mainmise sur un enjeu de guerre et paix ou encore l’élargissement des frontières de leur royaume ? À quel âge le tandem martyr Marie-Antoinette et Louis XVI a-t-il convolé? 14 ans pour elle et 15 ans pour lui …
 
Les mariages forcés aujourd’hui
Je croyais que ces lugubres noces avaient désormais un taux de croissance similaire à celui des dinosaures. En 2013, quelle ne fut pas ma surprise de découvrir que le phénomène des enfants mariés de force, principalement de sexe féminin, subsistait toujours.
C’est grâce à l’expo « Trop jeunes pour le mariage », mise sur pied par Amnistie Internationale, que j’ai été sensibilisée à cette problématique.
Des années plus tard, ces photos demeurent tatouées dans ma mémoire, mais aussi mon cœur. « J’ai haï mon mari dès le premier soir », déclarait alors Samia Shariff, une Algérienne sacrifiée qui avait livré son témoignage à cette occasion.
 
Le drame des jeunes filles
La différence entre l’époque des rois maudits ou non et la nôtre repose sur le fait que les victimes actuelles contrairement à celles de jadis, vêtues d’or et de pierres précieuses, sont souvent affublées de haillons.
Aux traumatismes psychiques vécus par ces fillettes, s’ajoutent les ravages infligés à leur fragile anatomie. Un corps à peine pubère qui enfante, eh bien, cela ne risque-t-il pas de provoquer des désordres d’ordre gynécologique quand ce n’est pas la mort ?
 
Les lois en vigueur ici
Mais où sévissent-elles ces unions forcées, officielles ou officieuses? Elles nichent avant tout en Afrique et en Asie.
Notre continent est-il épargné? Sous une certaine bannière étoilée, quelques états n’imposeraient aucune limite d’âge pour convoler. Si règne quelquefois l’esprit Far West chez nos voisins du Sud, le Canada s’en sort un peu mieux.
Depuis 2015, il faut avoir au minimum 16 ans pour se marier. Si les époux n’ont pas l’âge légal en vigueur dans la province concernée, ils doivent alors jouir du consentement parental.
Le Québec affiche sa différence une fois encore. Les Roméo et Juliette de 16 et 17 ans doivent obtenir, eux, l’autorisation de la Cour supérieure. Qu’on se le tienne pour dit, des mariages d’enfants ont bel et bien eu lieu sur nos terres.
 
Les conséquences des mariages forcés
Au XXI e siècle, une enfant de 15 ans unie à un quadragénaire, qu’est-ce que cela apporte à une famille? Peut-être la satisfaction du devoir accompli. Se débarrasser d’un poids en confiant sa descendante à un cerbère qui veillera sur elle 24h24 pour le meilleur, mais, souvent, le pire.
De plus, pas facile d’avoir accès à l’éducation dans ces conditions. Les femmes qui lisent ne sont-elles pas dangereuses? La jeune reine du foyer envisage-t-elle d’occuper un emploi à l’extérieur de sa cage aux barreaux invisibles? Mission quasi impossible. La violence dans tout ça? Vous connaissez la réponse aussi bien que moi …
 
Des signes d’espoir
La spiritualité ne se nourrit-elle pas d’espoir? Quelques pays contaminés par ces unions scandaleuses ont commencé à les proscrire.
Par exemple, le 2 juillet dernier, la Sierra Leone a adopté une loi afin d’interdire le mariage des enfants. Mais comment venir à bout de ce fléau lorsque le religieux prime sur le droit dans plusieurs pays? Autre info qui ne vous sciera point la banane, l’islam est principalement montré du doigt.
Qu’on célèbre l’union dans une mosquée, une synagogue, une église, un champ de patates ou une discothèque, pourvu que la mariée ne pleure pas …
 

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